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Parcs IT en Russie: quand les intérêts coïncident

(source RIA Novosti et BE de l’ambassade de France en Russie)

La production de logiciels est l'un des segments les plus rentables du commerce intellectuel. À l'heure actuelle, la Russie fait partie des trois premiers pays exportateurs de services IT, même si, officiellement, sa part dans le marché mondial des hautes technologies s'élève à environ 1%. Le ministre des Technologies de l'Information et des Télécommunications, Leonid Reïman, a déclaré récemment que le secteur IT russe affichait une croissance annuelle supérieure à 20%, soit deux à trois fois plus que la moyenne mondiale.
Les services d'externalisation tiennent le haut du pavé. Selon l'association Russoft, le chiffre d'affaires des exportations de logiciels s'est élevé à 560 millions de dollars en 2004, il doit atteindre 740 millions en 2005 et dépasser la barre du milliard de dollars d'ici 2007. Sans aucune aide des autorités, les acteurs russes du software ont trouvé leur niche sur le marché mondial : plus de 250 d'entre eux travaillent déjà dans la programmation offshore.
Une vingtaine d'écoles scientifiques remarquables ont survécu à la crise des années 1990 et permettent de rivaliser avec les pays avancés de l'Occident dans l'informatique, les nanotechnologies et l'ingénierie génétique. En Russie, la part des étudiants en sciences exactes, plus de 50%, demeure parmi les plus élevées du monde.
En janvier dernier, le président Vladimir Poutine a fixé comme objectif de créer en Russie des parcs IT genre Silicon Valley, en Californie. Dans un discours prononcé à Novossibirsk (Sibérie), il a souligné que "ces zones devraient bénéficier d'un régime administratif spécial où les possibilités des institutions dites de "contrôle" seraient limitées... On devrait créer à leur intention des régimes fiscaux et douaniers de faveur". L'État envisage d'octroyer à chaque parc entre 80 et 150 millions de dollars.
Les projets de parcs IT sont désormais largement débattus aux deux chambres du parlement russe, dans les ministères, au cours des conférences et des tables rondes organisées par les différentes associations et fondations. En juin prochain, le ministère des Technologies de l'information et des Télécommunications doit soumettre au cabinet un concept de programme national prévoyant de créer 6 à 10 parcs technologiques d'ici 2010. Des parcs de ce type seront d'abord établis dans la région de Moscou, à Saint-Pétersbourg, à Novossibirsk et à Nijni Novgorod. Il reste à espérer que les bonnes intentions ne seront pas réduites en poussière sous le poids des procédures bureaucratiques.
Le système actuel des impôts et des règles douanières fait que les bénéfices des concepteurs de logiciels se concentrent dans d'autres pays en augmentant la capitalisation des compagnies occidentales. "Il importe de créer un régime fiscal qui permettrait aux compagnies russes de se capitaliser en Russie", estime Oleg Biakhov, responsable des stratégies au ministère des Technologies de l'information et des Télécommunications.
En ce qui concerne les parcs IT, les intérêts de l'État, des compagnies russes de logiciels et des clients occidentaux sont presque identiques. Dans les parcs technologiques, on pourrait collecter davantage d'impôts, les bénéfices ne quitteraient pas le pays, et les compagnies de logiciels auraient moins de mal à exécuter les grosses commandes provenant des géants occidentaux qui, depuis longtemps, plébiscitent la Russie. Microsoft, Cisco, Motorola, Siemens, Hewlett Packard et d'autres marques globales ont ouvert en Russie des centres de recherche-développement. Celui de la compagnie russe Luxoft bénéficie du statut de laboratoire IBM. Intel, qui doit ouvrir à Moscou un grand centre d'innovation, utilise activement son centre de conception de logiciels à Sarov, ancienne ville fermée qui abrite le Centre nucléaire national. Un parc technologique est donc déjà en chantier à proximité de Sarov. Boeing et le russe Sistema ont déjà manifesté de l'intérêt pour le projet. Selon Nikolaï Mikhaïlov, membre du directoire de Sistema, une compagnie russe qui vient de réaliser sa première IPO à la Bourse de Londres, "les entreprises ont progressé beaucoup plus loin que l'État dans la compréhension de la nécessité d'un développement d'innovation".
Le parc IT de Saint-Pétersbourg qui sera créé sur la base de l'université des télécommunications Bontch-Brouïevitch aurait pour investisseurs ses principaux clients, Siemens et Alcatel. Ainsi, lors du récent forum économique de Londres, le membre du comité exécutif de Siemens, Rudi Lamprecht, s'est dit enthousiasmé par l'idée de créer des parcs technologiques et prêt à participer au processus. "Beaucoup d'investisseurs étrangers aimeraient que les prises de décision au sein du gouvernement russe soient plus transparentes. Nous voulons plus de prévisibilité", a-t-il dit.
Quoi qu'il en soit, la mise en place de parcs technologiques ne résoudra pas tous les problèmes liés au développement des technologies IT en Russie. Là, au lieu de simples déclarations de bonnes intentions, il devrait y avoir un programme gouvernemental précis visant à réduire la dépendance du budget national vis-à-vis des ressources énergétiques.
La croissance, sur le marché mondial des technologies IT, de l'intérêt pour les services des compagnies russes est évidente. Celles-ci représentent une alternative réelle aux marchés indien et chinois. Selon le vice-ministre des Technologies de l'information et des Télécommunications, Dmitri Milovantsev, le volume du marché russe des services d'externalisation informatique peut s'élever à 10 milliards de dollars d'ici 2010, soit presque 7% des exportations mondiales de services IT. Seulement, pour parvenir à ces résultats, l'État devra régler un certain nombre de problèmes, notamment supprimer les barrières administratives, créer des avantages fiscaux pour accumuler les capitaux, lutter contre le piratage, protéger les droits de propriété intellectuelle et mettre à la disposition des parcs technologiques des télécommunications et des infrastructures de bonne qualité. Sans oublier, bien sûr, un autre facteur non négligeable, l'image positive du pays.

mai 24, 2005 in Externalisation, Offshore programming, Outsourcing, Russie, CEI | Permalink

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Commentaires

je trouve tres bien l'initiative de Cisco net en russie est ce t-il possible de preparer IT essentiels en russie si Oui quels sont les adresses et mondalités d'inscription à savoir que je voudrais bien suivre des formation IT et CCNA en russie

Rédigé par : Mavoula | 13 fév 2007 15:15:19

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