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Délocalisations d'informatique: le début des grands mouvements

La France parmi les 4 principaux pays touchés par le plan social d'IBM, article du JDN du 5/05 résume bien la situation actuelle par l’exemple de la récente décision d’IBM.

Après des années d’études, de tests, les grandes manoeuvres de délocalisations, offshore, outsourcing dans l’informatique ont commencé.

Etre pour ou contre n’est pas la question car le phénomène de mondialisation et surtout de GLOBALISATION est un peu comme le climat qu’on ne peut que constater.

Il est très intéressant d’aller plus loin que les habituels poncifs sur l’offshore programming, l’outsourcing ou les délocalisations en regardant de près:

  • qui sont les clients des produits ou services qui seront fabriqués/produits dans les pays “offshores” ?
  • quelles sont les activités, les technologies et les projets qui se délocalisent ?
  • quelle est la composition du coût du service/produit ?

Souvent la réponse à la première question (qui sont les clients des produits ou services qui seront fabriqués/produits dans les pays “offshores” ?) montre qu’il ne s’agit pas à proprement parler de délocalisations ou d’outsourcing mais de relocalisations ou simplement localisations. Dans le domaine informatique, de grandes entreprises qui ont des équipes importantes en Asie du Sud est ne les utilisent absolument pas pour fabriquer des applications à destination de l’Europe de l’Ouest mais les utilisent surtout pour développer, adapter des produits ou services là bas. Comme les pays “offshore” sont souvent LES marchés à forte croissance qu’il faut avoir sous peine de disparaître, il est nécessaire et obligatoire de produire sur place.

En ce qui concerne le second point (quelles sont les activités, les technologies et les projets qui se délocalisent ?), il est regrettable que ceux qui critiquent l’offshore programming ne parlent que de “l’informatique” en général et ne DETAILLENT pas les différentes compétences et les différents métiers. En effet, les seules opérations crédibles et réussies d’offshore sont limitées à certaines technologies et métiers.

Cela explique que d’une part on ait beaucoup de discours sur les coûts cachés de l’offshore. Quand on se met en tête d’offshoriser des applications ou développements qui nécessitent non seulement de la présence chez le client mais en plus des compéténces fonctionnelles “métier”, il y a au mieux des coûts énormes de gestion de projet, de formation (et souvent nécessité de consultants  “pivotal provider” qui gagnent de l’argent que le projet se passe bien ou mal ;-))). Les applications bancaires ou SAP (hormis abap) en sont des exemples typiques. Comment peut-on avoir dans les pays offshore des gens qui maitrisent ces applications ??? (si tel était le cas, cela voudrait dire que leur marché local est demandeur de ce genre de “technologies” et donc qu’il est l’équivalent des marchés de l’Ouest DONC qu’il n y a pas de raisons valables pour des prix plus bas …). Comme dans beaucoup de cas, les vendeurs d’offshore sont avant tout des vendeurs et non des faiseurs, ils ont tendance à dire OUI à tout et notamment à ce type d’applications qui coûtent assez cher (et donc sont source de profits) ce qui se traduit ensuite forcément par de médiocres résultats…

D’autre part, on s’aperçoit que ce qui peut être et EST offshorisé avec succès concerne des choses uniquement “techniques” forfaitisables qu représentent au maximum 15 à 20 % de l’ensemble des prestations intellectuelles informatiques. Et comme par hasard, ces prestations ne sont jamais l’objet d ‘export de la part des SSII françaises ou occidentales, export qui dans un sens s’appelle offshore dans l’autre …

Le point commun avec le 3ème point (quelle est la composition du coût du service/produit ?)  est que JUSTEMENT, ces prestations techniques coûtent beaucoup trop cher en France et en Occident par rapport au PRIX de formation. Prenons l’exemple concret d’un développeur en C/C++ ou .NET ou Java dans des problématiques uniquement techniques. En France, une telle personne sera au minimum BAC+2 et si l’on veut une qualité intéressante, BAC+5 (que les 3 années supplémentaires à BAC+2 soient de l’expérience acquise ou des études supplémentaires). Cette personne “coûtera” un certain prix et aura de plus un certain avis sur sa “valeur”. Dans la réalité GLOBALE, former quelqu’un pour coder avec rigueur dans ces technologies ne coûte pas ces éléments là. Il suffit d’avoir une bonne formation générale et 6 mois à un an de formations souvent dispensées dans ces pays PAR les éditeurs de logiciels et non par des professeurs.On peut même arriver à la même chose en France ou en prenant quelqu’un de niveau BAC+2 et en le faisant former par Microsoft, on arrive à avoir un bon spécialiste .NET à des coûts nettement inférieurs aux coûts classiques (tout en fournissant une possibilité de travail à des jeunes bien souvent au chômage..)

Outre cet élément de coût de formation, les pratiques habituelles des SSII (basées sur la vente en régie qui utilise des multiples de coût pour obtenir le prix de vente) augmentent le coût de la prestation pour des raisons assez obscures (et souvent liées au niveau de vie de la société et de ses dirigeants..) très rarement compatibles avec la réalité mondiale et globale actuelle…

mai 7, 2005 in Délocalisation, Externalisation, Offshore programming, Outsourcing | Permalink

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