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L'outsourcing, l'offshore programming ne sont que des moyens

Source: Outsourcing Pipeline C.K. Prahalad and M.S. Krishnan
Innovation and growth in a global market require a focus on quality and results, not just cost. Outsourcing is just one piece of the complex puzzle.

Talk about the global IT market almost invariably focuses myopically on outsourcing and, in turn, the job-loss debate. We believe it's time to broaden the discussion to illuminate a more strategic and ad-vantageous approach for U.S. businesses: innovation and optimization of global resources in a competitive landscape.

There's no doubt that the loss of well-paying jobs in the United States creates a climate of animosity and fear. However, in considering total business strategy in a global economy, outsourcing is but a small fragment of the shifting dynamics of innovation and competitiveness. We suggest that capitalizing on global resources is a critical element in the process of innovation in a global market. The latest challenge for business-technology managers is coming to terms with a new competitive reality: how to achieve lower costs, high quality, rapid innovation and change, as well as manage complexity while offering customers personalized experiences. These challenges will drive the value-creation process. Global competition will force companies, large and small, to compete differently, and the search for ways to manage in this environment calls for new capabilities--ones embedded primarily in managerial processes, decision analytics, and behaviors.

The search for new skills can't be confined to one country or a region. Leveraging offshore resources won't be a one-way street in the flow of investments or jobs. Though China, India, the Philippines, Thailand, and other countries endowed with an abundance of talent at low cost are currently prominent, the focus may shift in the future to some other, as yet unknown, region. For the time being, India is the hotbed: Bharati Televentures in India has signed a $750 million IT-outsourcing deal with IBM; Infosys Technologies and Wipro Technologies plan to expand their U.S. subsidiaries and consulting operations and hire more than 1,000 new consultants. Separately, non-U.S. companies' investments for setting up U.S. subsidiaries doubled in 2003, to $82 billion.

Though outsourcing is rarely considered a path to business innovation, we believe that companies that optimize global resources will emerge as winners. IT infrastructure for remote delivery is becoming commonplace, so the search for new resources--in the form of cost, motivation, talent, and teamwork--has never been more intense. The perspective on outsourcing must shift from a focus on cost arbitrage to one encompassing a global search for resources and methodologies for leveraging resources. That's the new basis for innovation. We've just started scratching the surface of the business benefits of managing global resources; companies that focus on building a core competence in managing remote delivery--that is, managing for innovation, influencing without ownership, and learning to work in intercultural teams across time zones--will have a clear advantage.

Three Stages Of Business
The principal reason for this is the evolving nature of global companies. In the past, companies were firmly rooted in the traditional "make and sell" paradigm. They focused on internal efficiencies of design, development, and manufacturing (make), and persuading consumers to buy what they offered (sell). The business model has been shifting to "sense and respond"; companies sense what consumers want and respond rapidly. This approach requires companies to develop business-technology systems for an active and systematic understanding of evolving customer needs and market opportunities. It includes both customer-facing technologies that provide the knowledge of what customers need and internal development and logistics systems to deliver on those needs. In turn, the entire management process must become responsive. Sense-and-respond companies often are models of best practices.

Now, businesses are migrating to an even more advantageous position--"anticipate and lead"--requiring yet another overhaul of internal management processes and systems. Anticipate-and-lead businesses focus on innovative, or next, practices. As companies move from a make-and-sell to an anticipate-and-lead model, their pace and rhythm change. The new model puts pressure on traditional systems and processes. For example, in the make-and-sell world, managers focus on products; in a sense-and-respond environment, they increasingly have to deliver a solution that may require the support of multiple companies and a global supply chain. No single business has the full range of world-class capabilities to deliver the entire solution. As we move to the next phase, the real source of competitive advantage will be in creating unique experiences for consumers, one at a time, by leveraging global resources.

octobre 27, 2004 in Délocalisation, Externalisation, Offshore programming, Outsourcing | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

Externalisation : les entreprises ne s’en laissent pas compter

Un article du journal du net
"Les entreprises qui se sont lancées dans l'externalisation de leurs fonctions comptables s'avouent globalement satisfaites. Mais la prudence et l'esprit critique restent de mise. (jdn 20/10/2004)"

Plutôt que de parler délocalisation, parlons externalisation. C'est sur ce thème que l'Ifop a mené, pour le compte du cabinet d'expertise comptable Grant Thornton, une étude en France sur 700 dirigeants d'entreprise comportant entre 100 et 2.000 salariés. Parmi ces entreprises, 25 % ont déjà externalisé certaines de leurs fonctions et 10 % ont pour projet de le faire.

Pour quel type d’entreprise l’externalisation des fonctions comptables et financières est-elle adaptée ?
Type d'entreprise Plutôt adapté
Plutôt pas adapté

Les entreprises en création ou récemment créées
60 %
39 %

Les entreprises délocalisées
58 %
39 %

Les entreprises en restructuration ou en difficulté
47 %
52 %

Les entreprises recherchant à améliorer leur productivité et leur rentabilité
39 %
60 %

Les entreprises en général
30 %
69 %

L'enquête s'est focalisée plus particulièrement sur l'externalisation liée aux fonctions comptables et financières. Un domaine sur lequel l'avis des chefs d'entreprise est plus que partagé. De façon général, ils ne sont que 30 % à considérer que l'externalisation des fonctions comptables est une formule adaptée aux exigences de l'entreprise. Ce type d'externalisation, toujours de l'avis des dirigeants d'entreprise, est surtout bénéfique pour les jeunes entreprises ou les entreprises ayant des activités délocalisées.

Malgré ces réticences, le jugement des patrons sur l'externalisation comptable apparaît comme globalement positif. Parmi les 25,6 % d'entreprises ayant déjà opéré un tel choix en France, 86 % considèrent que l'externalisation des fonctions comptables est, a posteriori, une "bonne chose".

Les fonctions comptables et financières les plus externalisées
(parmi les entreprises ayant procédé à une externalisation)
La paie 63 %

La consolidation 24 %

La comptabilité clients 14 %

La comptabilité fournisseurs 13 %

La comptabilité générale, analytique et budgétaire 13 %

La trésorerie 12 %

La gestion sociale 11 %

Le reporting 6 %

Les entreprises qui se sont lancées dans l'externalisation comptable ont, dans leur grande majorité, opté pour la paie (63 %). Cette fonction basique est, on le sait, l'une des points d'entrée les plus classiques de l'externalisation dans les entreprises. Suivent, après la paie, la consolidation (choisie par 24 % des entreprises), la comptabilité clients (14 %), la comptabilité fournisseurs (13 %) et la comptabilité générale (13 %).

Les principaux avantages à une externalisation des fonctions comptables et financières (parmi les chefs d'entreprise ayant déjà externalisé, deux réponses possibles)
Le respect des règles comptables, fiscales et sociales 52 %

La réduction des coûts 44 %

Le respect des délais 28 %

L’amélioration de l’organisation 28 %

L’amélioration du système d’information interne 15 %

Et les principaux freins perçus par les entreprises (deux réponses possibles)

L’accès plus difficile aux informations internes à l’entreprise 38 %

Le personnel concerné par cette externalisation 37 %

Le coût de cette externalisation 34 %

La contrainte de s’engager durablement avec un prestataire 25 %

La baisse de la qualité de services 23 %

Les craintes sur la confidentialité 21 %

Le manque d’information sur l’externalisation 12 %

Concernant les avantages et les inconvénients liés à l'externalisation des fonctions comptables, les chefs d'entreprise font preuve, là encore, d'une analyse très mitigée. Certes, ils reconnaissent que l'externalisation permet de respecter au mieux les règles comptables, fiscales et sociales (52 %), et que cette formule aboutit à une réduction des coûts (44 %).

octobre 26, 2004 in Délocalisation, Externalisation, Offshore programming, Outsourcing | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

Externalisation : l'année 2004 retrouve les volumes d'il y a 4 ans

Journal du net 21/10/2004
Externalisation : l'année 2004 retrouve les volumes d'il y a 4 ans
Les très gros contrats d'externalisation sont au rendez-vous cette année, signés à 42% par IBM. Sous la pression des actionnaires, l'offshore se multiplie mais peine à convaincre de ses réels bénéfices.

25% des contrats d'externalisation informatique signés cette année sont estimés à plus de 800 millions d'euros, révèle une étude menée par le cabinet de conseil TPI. Selon le groupe, 2004 représentera une année record en matière de très gros contrats d'externalisation.
Ainsi dopées, les prestations d'externalisation devraient atteindre le même niveau qu'en 2000, année historique pour l'externalisation IT mondiale. Depuis le début de l'année, huit nouveaux contrats totalisent 13,5 milliards d'euros de volume d'affaires, quatre d'entre eux ayant été signés en Europe. Sur 2004, le vieux continent s'inscrit en retrait de 2% par rapport aux Etats-Unis sur ce marché.
Un marché dominé par IBM qui détient à lui seul 42% des gros contrats d'externalisation dans le monde. Big Blue est suivi par EDS, ACS, Accenture et CSC. Un tiers des contrats d'envergure concerne la sous-traitance de processus métiers, aussi appelée Business Process Outsourcing (BPO). Et IBM rafle en moyenne 33% de ces contrats, devant Accenture et ACS.
L'économie réalisée par un projet offshore est inférieure à 10%.
L'étude souligne toutefois l'importance des petits acteurs qui remportent la plupart des contrats d'externalisation à budget moyen ou faible. Concernant les grands contrats de l'année, le cabinet de conseil précise qu'ils ne s'agissait pas de renouvellement d'accords mais bien de nouvelles demandes. Sur les huit gros contrats du début d'année, sept concernent de nouveaux acteurs.
Cette croissance du marché trouve, selon TPI, son explication dans la pression permanente que les actionnaires et comités de direction font peser sur les départements informatiques. D'après une étude menée par la société Ventoro auprès de 5 231 dirigeants IT à travers l'Europe et l'Amérique du Nord, un directeur sur cinq est contraint par ses supérieurs de faire appel aux sociétés offshore.
ais cette pratique, bien que courante, est encore trop sujette à caution chez les 19% d'entreprises ayant franchi le pas. Seuls 45% des dirigeants interrogés estiment que les projets offshore menés dans leur société sont un succès. Au contraire, 36% considèrent leurs projets offshore comme un échec. Un tiers des responsables informatiques avouent en outre avoir réintégré des fonctions externalisées en raison de problème de performance.
Autre point noir pointé par une troisième étude, Offshore 2005, les économies d'échelles ne sont pas toujours au rendez-vous. Sur l'ensemble des projets offshore mesurés, le gain moyen d'un projet passe sous la barre des 10%, tandis que sur les contrats considérés comme une réussite, ce chiffre avoisine les 19%. Une réalité en décalage avec les attentes des dirigeants

octobre 21, 2004 in Délocalisation, Externalisation, Offshore programming, Outsourcing | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

Russia gets budget version of Windows

Microsoft will release a low-price version of Windows in Russia by the end of the year, an effort to wean consumers in that country off pirated software and Linux.

The Redmond, Wash.-based software giant will also announce later in the week that it will bring a version of Windows XP Starter Edition, a relatively inexpensive and slimmed down version of Windows, to a fourth, as-yet-unidentified, Asian country, bringing the total number of countries in the program to five.
Windows XP Starter Edition is Microsoft's attempt to gain more customers in the developing nations, the fastest growing markets in the world. The OS differs from regular Windows in a number of respects. Users can run only three programs on the operating system at once, for instance, and home networking has been deleted.
It also comes preloaded only on authorized PCs. Microsoft does not sell the software separately in stores.
On the other hand, it costs far less than regular Windows. Starter Edition costs about $36, according to sources, less than the $70 or more PC makers pay for Windows XP. The OS also comes with a tutorial CD and localized content to help first-time users.
The low price allows Microsoft to better compete against Linux desktops, executives have said. Because Starter Edition customers can get patches and updates, Microsoft hopes that PCs loaded with the OS will be more attractive than PCs with pirated software.
Russia - along with Brazil, India and China - has emerged as one of the prime opportunities for high-tech companies. One Intel executive said Russia and China will likely be two of the company's fastest-growing markets over the next few years. Kraftway is one of the country's leading PC makers.
The country has also begun to promote itself as a center for technology development and outsourcing. Notable tech successes from Russia include antivirus specialist Kaspersky Labs and Sea Launch, a Russian-Ukrainian-Norwegian-U.S. joint venture that launches rockets from a platform on the equator for commercial satellite deployment. Several venture capitalists have begun to place investments in the country.
At the same time, piracy is also fairly extensive in Russia. A study released by the Business Software Alliance and IDC in July said 97 percent of the software in Russia is pirated, a figure bested only by China, Vietnam, Ukraine and Indonesia. Critics, however, often assert that BSA figures tend to be on the high side.
In the past 18 months, Microsoft has dedicated more efforts toward wooing customers in the developing world. The company, for instance, permits schools in 67 countries to obtain Microsoft Office for a few dollars and a free upgrade to Windows XP on donated computers. Intel, Advanced Micro Devices, Hewlett-Packard and others have similar programs for emerging nations.
The Starter Edition for Russia will come out by the end of the year, said a Microsoft representative. A full-fledged Russian version of Windows already exists.
Last month, Microsoft announced it would come out with Starter Editions of Windows for Malaysia, Indonesia and Thailand in October.
Microsoft will announce a fifth Starter Edition later this week for a developing Asian country, but it will not be China, the company representative said.
A likely candidate is Vietnam, where Internet cafes are popular and products like Mr. Yee's Windows 98 can be bought for $1 in the street.

octobre 19, 2004 in Délocalisation, Externalisation, Offshore programming, Outsourcing, Russie, CEI | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

Russian software exports may reach $2 bln in 2006

MOSCOW. Sept 24 (Interfax) - Russian software exports may amount to $2 billion in 2006, Russian Information Technologies and Communications Minister Leonid Reiman said.

Speaking at a press breakfast at the American Chamber of Commerce on Friday, Reiman said that at the moment there are different estimates of the volume of IT exports from Russia. According to official estimates, they currently amount to $300-$350 per year. "However, including the gray market this figure is estimated at $500 million per year and higher," the minister said.

He said that according to the experts, annual growth in the Russian market for offshore programming amounts to about 70%. As a result, given this growth dynamic, exports of software from Russia in 2005 may amount to $1 billion, and in another year - $2 billion," the minister said. "This may become an important contribution to the task of doubling GDP," he said.

octobre 18, 2004 in Délocalisation, Externalisation, Offshore programming, Outsourcing, Russie, CEI | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

Russia Predicts 100% Software Exports Growth

According to Leonid Reiman, the Russian IT and Communications Minister, the Russian software exports are expected to double every year for the coming few years.

The Russian software and IT market has been growing at an average of 25 percent a year for the past several years. Reiman estimates that the software market of the world would reach USD 140 billion by 2010. The IT minister expects the Russian software and IT market to be worth USD 4.5 billion to USD 5 billion in 2004. He further predicts the software export revenue to reach USD 500 million in 2004, USD 1 billion in 2005, and USD 2 billion in 2006.

Russian programmers, whose wages are much lower than their counterparts in western Europe, have been receiving outsourcing orders from European companies. Reiman also urged the Russian government to support local IT producers with flexible tariffs and state-backed promotion to buy Russian-made hardware and software.

octobre 18, 2004 in Délocalisation, Externalisation, Offshore programming, Outsourcing, Russie, CEI | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

Banques et assurances misent sur l'externalisation

3 articles (payants !!) intéressants dans le Monde du 5/10. Les banques anglo-saxonnes prévoien depuis longtemps d'externaliser et de délocaliser leur back-office et d'autres fonctions. Les banques françaises s'y mettent aussi notamment en ce qui concerne la fonction informatique ca rcelle-ci représente un % non négligeable du chiffre d'affaires (entre 8 et 18%).
La réaction d'Ivan Béraud, secrétaire général du Betor Pub, syndicat CFDT des SSII est très intéressante car il évoque les problèmes sous-jacents à ces évolutions, problèmes que l'on connait rarement.

Les 3 articles sont payants:

1 - Banques et assurances misent sur l'externalisation
LE MONDE ECONOMIE | 5 Octobre 2004 | Antoine Reverchon | 693 mots
La recherche des gains de productivité pousse les établissements financiers à sous-traiter de plus en plus de fonctions informatiques. Mais apaiser les craintes des salariés et garantir un « bon niveau de services » restent un préalable.

2 - « Garder la mainmise sur les choix technologiques »
LE MONDE ECONOMIE | 5 Octobre 2004 | Nathalie Quéruel | 682 mots
La création de filiales communes est préférée au simple transfert. Cela fait maintenant un an que les informaticiens de la banque Hervet, devenue filiale du groupe CCF-HSCB en 2001, sont devenus salariés d'EDS.

3 - Trois questions à... Ivan Béraud
LE MONDE ECONOMIE | 5 Octobre 2004 | Propos recueillis par Antoine Reverchon | 451 mots
Vous êtes secrétaire général du Betor Pub, syndicat CFDT des sociétés de service informatique (SSII). Dans quelles conditions les informaticiens bancaires « externalisés » sont-ils accueillis ? En principe, c'est l'article L.

octobre 15, 2004 in Délocalisation, Externalisation, Offshore programming, Outsourcing | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack

Offshore programming: la ruée vers l'est

Un dossier intéressant dans le Monde Informatique du 1/10/2004 car on y sort un peu de l'habituel "offshore" = inde.
LMI n° 1040 du 01/10/2004
Offshore : un démarrage prudent, une accélération inéluctable

Technologies adaptées, qualité de la sous-traitance, réorganisations internes des entreprises, main-d'oeuvre à bas prix, pression des directions achats, barrière psychologique qui s'effondre… Le mouvement de croissance de l'offshore semble inéluctable dans les services informatiques, y compris en France. Reste à mieux le quantifier.

"La délocalisation des services n'en est certes qu'à ses débuts, mais il se pourrait qu'elle marque rapidement un tournant. Elle annonce un déplacement à grande échelle de l'activité de production qui va entraîner une nouvelle division internationale du travail." Cette prédiction pessimiste ne sort pas de la bouche d'un syndicaliste, mais d'un organisme très sérieux, l'ONU. Plus précisément, elle est extraite du dernier rapport de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) sur les investissements internationaux. Depuis plusieurs mois, les délocalisations d'emplois des pays développés vers les pays émergents sont devenues un sujet brûlant. Au point de figurer, aux Etats-Unis, au cœur de la campagne pour l'élection présidentielle de novembre. Le Sénat américain a fait voter en janvier dernier des restrictions à l'accès aux marchés publics pour les entreprises procédant à des délocalisations. D'autres parlementaires américains ont proposé la création d'une taxe sur les emplois délocalisés à la fois pour freiner les velléités des entreprises en la matière et pour créer un fonds qui permettrait la création d'emplois nationaux. En France, Jacques Chirac a chargé Jean-Louis Beffa, ex-patron de Saint-Gobain, d'un rapport qui explorerait les possibilités de grands programmes industriels pour endiguer les pertes d'emplois liées à l'offshore.
Si les emplois industriels sont les premiers visés, le secteur des services est également touché. Nombre de prestations, comme la comptabilité ou la facturation, sont d'ores et déjà sous-traitées dans des pays à bas salaires. Ce mouvement ne peut que s'accélérer, et l'informatique et les technologies de la communication sont doublement concernées. D'abord parce qu'elles permettent de produire les services cités ci-dessus à distance, et ce pour un coût sans cesse à la baisse compte tenu de la chute du tarif des télécommunications. Ensuite, parce que des prestations comme le support aux utilisateurs ou le développement de logiciels se prêtent particulièrement bien à cette pratique. D'où cette estimation de la Cnuced : la sous-traitance à l'étranger des prestations informatiques devrait passer de 1 milliard de dollars en 2002 à 24 milliards en 2007. Un taux de croissance à faire rêver une start-up de la bulle Internet. Parmi les multinationales, l'organisme onusien estime que près de la moitié des grands groupes européens (45 %), qui ont déjà délocalisé une partie de leurs activités, vont amplifier le mouvement, ce qui signifie qu'ils sont satisfaits de niveau de qualité de leurs sous-traitants. Et d'estimer qu'aux Etats-Unis trois millions et demi d'emplois pourraient ainsi se voir délocalisés dans les dix prochaines années.

Délocalisation de services : multipliée par trois en deux ans

En France, le sujet préoccupe certes, mais peu de chiffres avérés circulent. Les dernières estimations de la chambre patronale du secteur des logiciels et services informatiques remontent à 2002 : le Syntec estimait alors que le développement offshore ne représentait que 1 % du chiffre d'affaires du secteur, soit 100 millions d'euros environ. Mais les choses ont bien évolué depuis. Les grandes SSII, tels Capgemini ou Atos Origin, se sont implantées en Asie. L'élargissement de l'Union européenne en mai dernier a aussi déclenché des réflexions chez nombre d'acteurs du secteur, qui ont vu là l'opportunité de s'implanter dans des pays peu éloignés et au coût du travail inférieur. Enfin, des pays comme le Maroc, la Tunisie ou la Roumanie, qui ne sont pas membres de l'Union, se sont aussi lancés dans de vastes opérations de charme vers les SSII hexagonales. On a ainsi vu récemment Unilog s'associer avec une filiale de France Télécom pour ouvrir un centre de services d'externalisation qui se consacre au développement et à la maintenance de système. Et le cabinet d'études Pierre Audouin Consultants estime que l'estimation du Syntec pourrait avoir triplé d'ici à la fin de l'année, pour atteindre 3 % du marché et 10 000 emplois délocalisés. Les PME pourraient aussi tirer la croissance de la délocalisation des services informatiques, attirées par des salaires parfois moitié moins élevés et par des prestations au forfait, mieux adaptées à l'offshore. Le cabinet Gartner estime, lui, que "d'ici à 2005, 30 % des principales entreprises européennes exploiteront des sites à l'étranger" et souligne que "la France a commencé à vaincre sa résistance culturelle". Le Mouvement pour une union nationale des consultants informatiques (Munci), qui regrette l'érosion de cette résistance culturelle, évoque, de son côté, le chiffre de 15 000 emplois perdus.
Autre facteur qui plaide pour le développement de l'offshore, la nouvelle organisation des entreprises. Une étude parue au printemps dernier, réalisée par Tubbydev, une SSII française dont les développeurs sont en grande partie en Russie, soulignait : "Le développement informatique en France est à intégrer dans un débat plus global sur les réorganisations internes des entreprises : l'entreprise se déstructure pour se réorganiser sous la forme d'un réseau. On assiste notamment au repositionnement des DSI et au renforcement des directions achats, deux directions qui n'ont pas la même vision, notamment quand il faut faire le choix de la sous-traitance, en particulier à une société offshore." La récente prise de pouvoir des acheteurs, dont la mission est la rationalisation et la baisse des coûts de l'entreprise, favorise donc la progression de l'offshore.

N'externaliser que ce que l'on maîtrise bien

Pourtant, toutes les prestations informatiques ne sont pas "offshorisables", tant s'en faut. Encore très hésitantes dans leur démarche de délocalisation, les entreprises ne confient à l'étranger que des projets de taille modeste, à effet de test ou de prototype, et dont l'objet et l'issue ne sont pas stratégiques. Catherine Le Louarn, pour KLC, une société de conseil et d'assistance à maîtrise d'ouvrage dans les opérations d'externalisation, le souligne : "Les projets menés en offshore ne sont pas des projets sensibles tout simplement parce qu'il existe des problèmes liés d'une part à la confidentialité (une sécurisation entraînant de plus un surcoût dissuasif), et d'autre part aux aspects juridiques. Il reste difficile d'évaluer ce qui se passerait en cas de litige." Enfin, tout projet réalisé au-delà des frontières, compte tenu des barrières de la langue et de la culture locale, demande une préparation minutieuse et une rationalisation et une formalisation précise des processus afin d'éviter tout dérapage, qui viendrait grever le budget de façon aléatoire. "On ne passe en offshore que ce que l'on maîtrise déjà bien aujourd'hui sur place", affirme Nicolas Goldstein, consultant en développement offshore pour OD Consortium.
Le développement reste ainsi l'un des grands classiques, qu'il s'agisse de spécifique dans le cadre d'un nouveau projet, de refonte, de migration ou de conversion de code. Les applications existantes sont basculées en mode Web ou vers des langages plus récents (Java, C++, .Net ou J2EE). "Mais ces prestations ne touchent pas aux aspects fonctionnels", précise Jean-Yves Grisi, directeur général de Pivolis, une société pivot. Ce sont les services proposés par des pays tels que la Roumanie, le Maghreb ou l'Ukraine. Un cran au-dessus, l'intégration de progiciels, autour des produits SAP ou PeopleSoft entre autres, est devenue la spécialité de l'Inde, qui est montée en puissance sur ces aspects et reste le seul pays à proposer ces prestations. Le groupe Lafarge a ainsi lancé à Bombay un programme de développement autour du progiciel JD Edwards par l'intermédiaire d'un partenaire local.
La TMA (tierce maintenance applicative) est également l'une des activités les plus pratiquées par les entreprises françaises hors de nos frontières. "C'est une prestation facile à déporter", précise Jean-Yves Grisi. Certaines sociétés ont souvent commencé par l'externaliser en province, comme le proposent des SSII telles que Unilog (à Amiens) ou Atos Origin (à Sophia-Antipolis). Mais pour Catherine Le Louarn, il ne s'agit que d'une première étape : "Pour une entreprise, le plus gros effort consiste à accepter l'idée de sortir l'activité de ses murs. Il faut formaliser les processus, les demandes, organiser les comités de pilotage, c'est un travail important. L'activité est ensuite déportée, mais toujours sur la France (on parle de nearshore), avec un effet induit un peu pervers car elle est dès lors prête pour le vrai offshore, à un coût plus intéressant. C'est l'effet centrifugeuse."

Une revente rentable pour les SSII françaises

Depuis que les services achats ont repris la main sur la rentabilité de l'informatique, il est devenu évident que le prix reste l'élément moteur de la décision pour un projet. C'est encore plus flagrant en ce qui concerne l'offshore. "Au-dessous de 35 à 40 % d'économie, il n'est pas intéressant de faire de l'offshore", constate Nicolas Goldstein. Si les chiffres sont difficiles à vérifier sur le terrain, la société Tubbydev, avec ses développeurs russes, propose ainsi des tarifs à 185 euros par jour, qu'elle compare aux 200 euros par jour pour un Indien, 300 euros pour un Indonésien et 400 euros pour un Français titulaire d'un BTS. "Il est même possible de descendre jusqu'à 80 euros par jour en travaillant en direct avec un prestataire étranger", avance Nicolas Goldstein. Une étude menée par JM-Contacts, une petite société malgache spécialisée dans l'offshore, révèle de son côté les tarifs suivants : de 150 à 200 euros par jour pour un développement réalisé par une petite société offshore pour le compte d'une SSII occidentale, de 500 à 750 euros par jour pour un développement effectué à l'étranger par une SSII française pour une PME française (à rapprocher d'une moyenne de 1 000 euros par jour, prix pratiqué par de grosses SSII locales pour les grands comptes). Sur le papier, une SSII française rachetant une partie de la prestation offshore à 200 euros et la revendant à 800 euros réalise donc une marge confortable. Reste que le tarif à la journée n'est que la partie immergée de l'iceberg. Bruno Campenon, responsable informatique d'avant-projet qui a mené un projet offshore mobilisant en Inde environ 70 personnes pour BPPS (filiale de BNP Paribas), le soulignait dans nos colonnes en rappelant que les ajustements liés au démarrage, sous-estimés, en termes de déplacements par exemple, avaient un peu alourdi la facture. Néanmoins, ces erreurs seront petit à petit évitées à mesure que les directions hexagonales se familiariseront avec ces nouvelles méthodes de travail. La formalisation des processus et l'organisation humaine ont aussi un coût, avec la création de postes de responsables opérationnels nécessaire au pilotage de ce type de projet. Et puis, comme le précise Catherine Le Louarn : "On peut estimer le gain de l'ordre de 30 à 50 % sur le coût global d'un projet, mais l'écart entre les prix pratiqués par les pays les plus connus, initialement de 1 à 4, se réduit car le niveau de compétences s'élève." Dominique Malige, directeur informatique du groupe Lafarge, estime, lui, que l'offshore lui permet de diviser les coûts par un facteur de 5 à 10. Un éclatement des estimations qui prouve que l'offshore reste en France sujet à bien des approximations.

Teamlog privilégie la proximité
Plutôt orientée nearshore avec des implantations en Espagne, en Roumanie et en Slovaquie, la SSII Teamlog (110 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2003 pour 1 700 personnes) propose à ses clients des prestations délocalisées depuis 2002. A l'étranger, 140 personnes composent aujourd'hui ses effectifs, dont 70 % travaillant sur du help-desk et 30 % sur du développement. Si la SSII a choisi de ne pas s'implanter en Inde, c'est pour ne pas s'éloigner de ses clients, Teamlog travaillant sur "des projets franco-français ou européens", explique Vincent Billiet, directeur commercial de cette activité. "Les grands projets internationaux représentent 10 % du marché de l'externalisation à l'étranger. Nous visons le cœur du marché, des clients pour lesquels la dimension proximité est un plus." Pourtant Vincent Billiet reconnaît : "L'offre nearshore est un peu plus chère que l'offshore. En Ile-de-France, nous facturons la journée 350 euros. En nearshore, c'est entre 160 et 200 euros par jour, contre 150 euros pour l'offshore." Mais le prix de la journée n'est pas le seul facteur. "Les économies réalisées en Espagne sont de l'ordre de 10 % sur les salaires, de 15 % sur les charges. Mais il faut ajouter à cela le temps de travail hebdomadaire, qui est de 40 heures. Et organiser le travail sept jours sur sept et vingt-quatre heures sur vingt-quatre s'avère plus facile de l'autre côté des Pyrénées, la législation étant beaucoup plus souple." Des arguments qui feraient bondir des syndicalistes. Ce à quoi Vincent Billiet répond que Teamlog n'a jamais délocalisé un seul emploi. "Cette offre se fait uniquement sur de nouvelles activités. Ce ne sont donc que des créations de postes." Deux ans après son lancement, elle représente un peu moins de 10 % du chiffre d'affaires de l'entreprise. "Mais c'est notre activité qui croît le plus vite", souligne fièrement son responsable commercial. - J. G.

Offshore - Le terme, issu du vocabulaire des pétroliers, s'applique en général à toute entreprise située hors des frontières de résidence, et donc d'imposition, de son propriétaire. Le modèle consiste pour les entreprises à faire réaliser tout ou partie d'un projet à l'étranger afin de bénéficier de coûts plus bas que ceux pratiqués localement.
Nearshore - Il s'agit d'une externalisation de proximité. On confie tout ou partie d'un projet à une entreprise implantée dans l'Hexagone, mais dans des régions où les tarifs pratiqués sont inférieurs. Le terme est également employé pour des pays proches.

Du leasing appliqué à l'informatique offshore
Pour mener un projet en offshore, les entreprises disposent de plusieurs solutions en fonction du montage choisi. Avantages et inconvénients.

1 - Mode direct
L'entreprise s'adresse directement à une société étrangère à qui elle confie son projet . C'est une solution rarement retenue car elle est risquée.

- pas d'intermédiaire
- possibilité d'obtenir des coûts très bas

- nécessité d'une structure de contrôle forte sur place
- déplacements d'équipes du client chez le prestataire
- complexité juridique

2 - Partenariat avec une société pivot
Les sociétés pivot jouent le rôle d'intermédiaire entre le client et l'entreprise étrangère qui réalise la prestation. La création assez récente de plusieurs sociétés pivot de ce type l'a mis à la mode. On en compte actuellement une quinzaine en France.

- réduction du risque de négociation des contrats
- la société pivot est théoriquement responsable de la qualité de la prestation

- multiplication des prestataires
- peu de contrôle pour le client
- pas de garantie dans la durée

3 - Sous-traitance à une SSII locale travaillant à l'offshore
Dans ce cas, l'entreprise traite localement avec une SSII, cette dernière ayant recours à l'offshore pour tout ou partie du projet.

- moins de risque social, car le client n'est pas toujours informé du mode de réalisation
- contrat franco-français
- gestion sous la responsabilité du partenaire

- tarifs plus élevés compte tenu de la marge prise par la SSII

4 - Création d'une filiale dans un pays émergent
Certains grands comptes implantent directement des équipes informatiques dans les pays à faible coût de main-d'œuvre afin d'assurer les développements informatiques du groupe.

- intéressant pour le long terme
- rentable en cas de volume important

- coût de démarrage élevé
- nécessite l'expatriation d'une équipe
- risque lié à la création d'une entité

5 - Rachat d'une entreprise offshore
Cette option, a priori séduisante puisqu'elle se fonde sur un existant, exige en contrepartie des perspectives d'activité importantes.

- développement rapide sur place
- pas de coût de démarrage de l'activité

- coût du rachat
- nécessité d'avoir le volume pour rentabiliser

6 - Prise de participation dans une entreprise offshore
Cette solution a évolué récemment vers un nouveau concept : le BOT (Built Operate Transfer). Il s'agit de louer dans un premier temps une équipe étrangère en y incluant la gestion des ressources et l'infrastructure, puis de racheter éventuellement l'équipe devenue opérationnelle.

- chaque partenaire apporte sa part
- travail dans la durée

- risque financier lié à ce type d'opération

Onshore "Importation" d'informaticiens étrangers pour des missions au forfait ou en régie. Une pratique illégale en France, sauf à faire signer des contrats de travail nationaux.
Rightshore Appellation déposée par Capgemini. La pratique consiste à utiliser pour un projet "la bonne ressource, au bon niveau et au bon endroit" en fonction des tarifs, des compétences et de la disponibilité.
En bref, une localisation optimisée de la production.

Jean Gimont et Sophie Huet

octobre 14, 2004 in Délocalisation, Externalisation, Offshore programming, Outsourcing, Russie, CEI | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack

La principale raison pour laquelle offshore programming rime avec "Inde" dans beaucoup d'esprits

Dans beaucoup d'esprits, offshore programming rime avec l'Inde bien que ce pays n'ait pas vraiment de traditions scientifique, universitaire ou industrielle et que son nombre d'informaticiens ne soit pas vraiment important par rapport au nombre d'informaticiens des pays de l'est (A titre d'exemple la Russie forme plus d'informaticiens en nombre que l'Inde !!).
Beaucoup de personnes pensent "Inde" dès qu'on parle d'offshore car les USA, pays précurseur en offshore a beaucoup utilisé les possibilités indiennes mais dans la réalité beaucoup de clients de l'offshore programming indien sont .. indiens eux-mêmes, vivants aux USA.
C'est l'objet de l'article du Monde de l'Informatique du 6/10:

La diaspora indienne promeut l’externalisation vers l’Inde

Selon une étude conduite par Evalueserve pour le World Bank Institute de Washington, la diaspora indienne assure la promotion de son pays d’origine comme destination pour l’externalisation. Très présente aux Etats-Unis, au Canada et au Royaume-Uni, elle se caractérise par une communauté aux réseaux très organisés capable d’accompagner les entreprises dans leur démarche d’externalisation. Un phénomène qui s’appuie sur l’histoire de l’immigration dans ces pays : de nombreux ingénieurs indiens, immigrés dans les années 60, sont aujourd’hui devenus entrepreneurs, investisseurs ou cadres dirigeants. Des fonctions leur permettant de favoriser l’emploi d’Indiens et l’externalisation vers ce pays. Selon l’étude, 24 % des salariés de la Silicon Valley étaient d’origine indienne en 1999. En outre, les auteurs de l’étude confortent leur analyse en soulignant que des pays comme l’Afrique du Sud, la Russie ou les pays d’Europe de l’Est ne bénéficient pas du même boom de l’externalisation que l’Inde.
Les résultats de l’étude d’Evalueserve sont cependant contestés par Prakash Gurbaxani, PDG de TransWorks Information Services à Mumbai, en Inde, qui estime que le rôle de la diaspora indienne est surévalué. Selon lui, "la décision d’externaliser en Inde est prise pour des raisons de rentabilité" et l’Inde bénéfice "de sa réputation de faible coût et de qualité de service".

E. C.

octobre 7, 2004 in Délocalisation, Externalisation, Offshore programming, Outsourcing | Permalink | Commentaires (1) | TrackBack

La vision de Time Magazine sur l'offshore en France

Time Magazine Europe publie un article très intéressant sur l'offshore en général (pas uniquement le développement informatique). L'offshore y apparait comme inévitable, et l'article pose la question de savoir si l'Etat a intérêt à lutter contre, ou plutôt, s'il ne faut pas accompagner l'offshore pour le maîtriser.
L'article est intitulé : Au Revoir, Les Jobs.

Moving the workforce to cheaper lands is all the rage, but that makes unions and politicians anxious. The French government is trying to stall "offshoring." But can it really stop jobs from going abroad? And should it?

Four years ago, when Frederic Jousset and Olivier Duha began trying to persuade European companies to move some of their customer-service operations abroad, they hit a wall of skepticism. It was too risky to move to out-of-the way places like Morocco and Romania, they were told. "It was like evangelizing," recalls Jousset, 34, a former marketing manager at cosmetics firm L'Oréal. But the two men persevered, and today their outsourcing company, Webhelp, is booming. Clients include Tiscali, the Italian Internet service provider, and TF1, France's leading TV station. In June, Webhelp opened its second call center in Rabat, bringing its total workforce to 800, and last week the company announced that its sales were on track to double this year, to €12 million.

But the French government is starting to fight back. It's considering a decree that would require telephone operators talking to French consumers to state their location. Instead of picking up the phone and saying, "Bonjour, this is Marie," the customer-service representative would be required to say: "This is Marie in Rabat." Webhelp worries that such a measure would confuse customers and scare off potential corporate clients. "It could really hurt us," says Jousset. "Over the long term, such protectionist steps never work. But over the next five years it could slow the development."

More than two years after the U.S. began worrying about the export of American jobs to lower-cost countries, Europe has finally woken up to the "offshoring" threat. European companies have been moving some manufacturing facilities abroad for a decade to capitalize on lower wages and to gain access to new markets. But now many firms are asking if they can and should do the same with their service operations — and offshoring is becoming a potent political issue. With international communications costs falling rapidly, customer-service centers are obvious candidates for a move. But more skilled jobs such as computer programming and bookkeeping are also being targeted for export.

With unions fuming over the potential loss of jobs, some European governments are anxious to limit offshoring. "People are scared," Nicolas Sarkozy, the French Finance Minister, told TIME (see President in Waiting?). He wants France to take the lead in discouraging offshoring where possible. As well as the call centers decree, still under discussion, Sarkozy is using tax subsidies to encourage firms to locate operations at home. One beneficiary is the media company Vivendi Universal, which recently won a tax break it estimates to be worth €3.8 billion over the next six or seven years. In exchange, it agreed to create two new call centers — in the northern town of Douai and Belfort in the east. The government isn't saying how many jobs it hopes to keep, but Sarkozy tells TIME that "I'm paid to find a solution." A TIME poll finds that nearly 8 out of 10 French citizens agree with his efforts. Yet experts question whether governments can or should stop private firms from moving jobs to gain competitive advantage.

So far, Europe's biggest job-shifters have been in Britain. Last month, the big insurer Aviva announced it is moving 950 back-office and processing jobs to India and Sri Lanka next year — and laying off 150 workers in Britain as a result. That follows similar announcements over the past year by British financial firms HSBC, Lloyds TSB and Barclays, among others.

Others are trying to catch up. A study carried out last June by German consulting firm Roland Berger polled 500 top European companies, and found that 39% have already shifted some services abroad, and about 20% are planning to do so in the next year. The most alluring feature is the potential savings, largely because of a still-huge disparity in wages between Western Europe and almost anywhere else in the world. The going rate for a skilled computer system architect in India, for example, is about $50,000 per year, compared to $160,000 for the same job in Britain, according to consulting firm Forrester Research.

For all that, there are no reliable statistics about the extent of offshoring. A report last month by the United Nations Conference on Trade and Development (UNCTAD) said that while outsourcing business services is becoming a significant trend, most of it takes place domestically; only 1-2% is done internationally. Others predict a surge. Forrester in August forecast that Europe will lose 1.2 million jobs to offshore service providers by the year 2015. "The fact is that we are in the foothills of a revolution," says Stephen Green, chief executive of HSBC.

Such estimates often overlook important nuances. For one thing, a major beneficiary of the offshoring trend to date has been E.U. member Ireland, which has attracted a influx of investment from U.S. and other companies over the past decade. East European countries are trying to follow Ireland's lead, with places like Prague and Budapest at the forefront. Just over 50% of the European firms surveyed by Roland Berger said they were looking to outsource in other European countries, compared with 37% targeting Asia. That may be driven by language and culture: while British firms easily hire English speakers in India, it's not so easy for German or French companies to find native speakers there.

Many economists and corporate executives call offshoring a natural process that can be of benefit to all. Cost savings help secure jobs at home by improving competitiveness, the argument goes; and offshoring can boost revenue, stimulate exports and prompt the creation of jobs that generate more wealth than is lost. But even the biggest optimists admit that the effects are wrenching for those who lose their jobs. A few unions are trying to mitigate the impact. One success came in Newcastle, England, where Lloyds TSB bank announced a year ago that it was closing a call center and moving around 1,000 jobs to India. The announcement sparked a furor; Newcastle City Council had given Lloyds subsidies to set up the call center two years previously. UNIFI, the union representing about 15,000 of Lloyds' 70,000 staff, called for a strike ballot, and after several months of negotiations, the bank agreed to redeploy people in other jobs where possible. Those laid off when the call center closes next month will get a $3,600 payment toward retraining.

It's a model that the union would like to extend across financial service firms in Britain. "Our priority is to avoid compulsory redundancies," says Rob O'Neill, the union's chief negotiator with HSBC, which has announced plans to cut 7,500 jobs in Britain at the same time as moving 4,000 of them to Asia. O'Neill's union, for one, acknowledges that it's fruitless to fight the offshoring trend as a whole and that it's better to pick the battles carefully. France, by comparison, isn't willing to concede defeat. But, say offshoring's proponents, it's only a matter of time before the French, too, give in.

From the Oct. 11, 2004 issue of TIME Europe magazine

octobre 6, 2004 in Délocalisation, Externalisation, Offshore programming, Outsourcing | Permalink | Commentaires (0) | TrackBack