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L'offshore programming indien est rarement adapté aux européens

Avis très intéressant de Jean-Baptiste Quelquejay (dans le figaro), directeur outsourcing d'Unilog. On sort ici des habituels lieux communs sur l'offshore (bienq u'on reste dans offshore = inde et les pays de l'est monsieur Quelquejay ? ;-)) ils ont la culture européenne que vous souhaitez et sont beaucoup plus près de l'europe physiquement)

«Les services en Inde sont rarement adaptés aux Européens»
Jean-Baptiste Quelquejay, directeur outsourcing de la société de services informatiques Unilog, numéro six sur le marché français, présente les résultats d'une étude sur les délocalisations menée avec le cabinet IDC auprès de 200 décideurs de grandes entreprises européennes (1). Iconoclaste, il dénonce les idées reçues.
M.- C. R.
[24 septembre 2004]


LE FIGARO économie. – Unilog publie aujourd'hui une étude sur les délocalisations des services informatiques. Pourquoi ?
Jean-Baptiste QUELQUEJAY. – Il y avait chez nos clients un vrai besoin de clarification. Tout le monde confond l'externalisation des services informatiques («outsourcing», en anglais) à des sociétés de services dont c'est le métier, et ce que l'on appelle les délocalisations. L'externalisation consiste simplement à «faire faire» plutôt qu'à «faire soi-même» : tel ou tel grand groupe décide de confier ses services informatiques à un tiers, celui-ci pouvant très bien être français et travailler en France. Cela n'a rien à voir avec la délocalisation dite «offshore», c'est-à-dire en Chine ou en Inde.


La tendance à externaliser est-elle de plus en plus forte ?
Oui. Plus de 60% des entreprises pensent que l'externalisation va les aider à améliorer leurs performances. C'est un phénomène qui se généralise. C'est une tendance de fond. Il représente un coût initial, soit dix-huit mois à deux ans de travail et six mois de budget informatique. Mais ensuite les gains sont rapides.


Quitte à confier son informatique à une société spécialisée, pourquoi ne pas utiliser des informaticiens indiens ou chinois qui seront moins chers que des européens ?
Longtemps le prix de vente journalier (PVJ) a été le seul critère étalon pour comparer les prestataires informatiques entre eux. C'est sur ce dogme que l'externalisation vers des pays lointains a tenté de bâtir sa réputation. Mais ce critère est en train de disparaître car c'est un mythe : 36% des entreprises qui ont expérimenté une délocalisation lointaine de leurs services informatiques sont incapables de mesurer l'économie réalisée ! Un quart d'entre elles estime avoir réalisé moins de dix pour cent d'économies ! C'est très peu ! Dans 50% des cas, les projets «offshore» ne donnent pas les résultats escomptés. C'est la preuve que la question de l'économie dépasse largement celle du prix journalier du développeur, pour inclure celle de l'industrialisation des méthodes.


Si les délocalisations sont illusoires, pourquoi suscitent-elles un tel engouement ?
L'étude met en exergue la délocalisation qui est une réelle tendance de fond. L'offshore, qui représente la délocalisation lointaine, est beaucoup plus rare. Il ne représente que 1% du marché et ne concerne que les très grandes entreprises. L'engouement en partie médiatique est cela dit réel et se focalise sur le prix de vente journalier, tant «les prix indiens» sont alléchants. Mais dans l'informatique de gestion, les services offerts en Inde ou en Chine sont rarement adaptés aux besoins des clients européens. L'étude montre clairement que les entreprises européennes accordent une grande importance aux critères de langue et de culture. Une délocalisation dans des centres de services au niveau national est donc privilégiée dans 77% des cas.


Bangalore fait pourtant figure de Sillicon Valley indienne, avec des informaticiens diplômés, travail leurs et bon marché. Est-ce un mythe ?
Délocaliser son informatique en Inde ou en Chine convient à des entreprises qui ont des processus très répétitifs et une faible interactivité avec le client. Cela correspond bien, par exemple, aux grands éditeurs de logiciels comme Oracle ou Microsoft, ou à quelques gros équipementiers télécoms comme Cisco, qui alignent chaque jour des lignes et des lignes de codes informatiques. Mais l'offshore est moins adapté aux systèmes informatiques des entreprises européennes ! Bref, l'offshore fonctionne mais dans des cas limités et maîtrisés. En tout cas, ce n'est nullement la panacée. D'ailleurs, il n'a pas explosé en Europe.


Avez-vous délocalisé certaines de vos activités en Asie ou en Amérique latine pour être plus compétitifs ?
Unilog emploie 7 000 ingénieurs en Europe et 70 au Maroc et au Liban où nous avons ouvert deux centres. Cela ne représente même pas 1% de notre chiffre d'affaires. Le développement de la délocalisation dans des centres de services nationaux est en revanche rapide en France où Unilog prévoit de recruter près de 1 000 personnes en 2004.


(1) Outsourcing: mythes de l'offshore et réalité de l'externalisation des systèmes d'information?

septembre 29, 2004 | Permalink

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