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Travailler plus, gagner moins, tendance lourde en Europe (source Libé 27/08/2004)

Libération continue ses articles sur les délocalisations. Ils finissent comme d'habitude par de l'alarmisme sur la situation sociale et ne parlent pas des calculs économiques ni des créations d'emploi à l'étranger. Y en a-t-il ? Où va l'argent économisé ? l'activité globale est-elle maintenue ? Comment font les concurrents des entreprises citées ? Bcp de questions auxquelles on aimerait avoir des réponses ..

Travailler plus, gagner moins, tendance lourde en Europe

En Allemagne, aux Pays-Bas ou en Suède, les entreprises expliquent vouloir faire face aux nouveaux entrants de l'UE.

Par Muriel GREMILLET

vendredi 27 août 2004 (Liberation - 06:00)

Le chantage à l'emploi et à la délocalisation, pour faire passer un allongement de la durée du travail, n'a pas eu de succès qu'en France. Presque tous les pays européens sont concernés. Premier d'entre eux, l'Allemagne, où certaines entreprises, comme Volkswagen ou Siemens, ont annoncé leur volonté de relever la durée de la semaine de travail, sans compensation salariale. Les salariés de Siemens, premier groupe industriel du pays, ont cédé. Acceptant en juin le passage à 40 heures hebdomadaires (contre 35 heures auparavant) sans compensation, pour deux sites, contre l'engagement de la direction de renoncer à un projet de délocalisation de 2 000 emplois en Hongrie.

Concurrence. L'épidémie a gagné les Pays-Bas. Fin juillet, le ministre de l'Economie Laurens Jan Brinkhorst a suscité la polémique en affirmant que la semaine de 40 heures (contre 38 actuellement) devait «redevenir la norme» pour soutenir l'économie. Les entreprises, encouragées par les plus libéraux des élus, estiment que l'allongement de la durée du travail, sans augmentation de salaires, est le seul moyen de faire face à la concurrence des nouveaux entrants dans l'Union européenne, où les coûts salariaux sont bien plus faibles qu'en France ou en Allemagne. En Belgique, l'entreprise sidérurgique Marichal Ketin, en difficulté, a fait part il y a quelques jours de son intention de voir ses salariés travailler 40 heures par semaine, contre 36 actuellement, sans augmentation salariale. «Les entreprises belges doivent faire face à un handicap salarial allant de 8 % à 10 % par rapport aux pays voisins» qui ont, eux-mêmes, des coûts salariaux plus élevés qu'en Europe centrale, a expliqué le directeur général de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), Pieter Timmermans.

Avenir sombre. Le patronat suédois tire un constat similaire. Sten Jakobson, le PDG d'ABB Suède, et Leif Oestling, patron du constructeur Scania, ont été les premiers à monter au créneau, faisant face à l'opposition tant des syndicats que du gouvernement social-démocrate. «Dans les nouveaux pays de l'Union européenne, on travaille souvent entre 45 et 50 heures par semaine. Là-bas, le travail est un produit de luxe, ici (en Suède) c'est un droit», déplorait récemment Leif Oestling. En juillet, un des leaders du principal syndicat allemand de la métallurgie, IG Metall, avait prédit un avenir sombre pour les salariés s'ils acceptaient les nouvelles conditions de travail : «Des semaines de 50 heures, et sans être payé.»

août 27, 2004 in Délocalisation | Permalink

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Commentaires

Ou va l'argent ?
Peut être dans la poche des grosses sociétés. Dernière exemple en date.
L'état commande 59 rafales au groupe Dassault et le cours de bourse du groupe augmente.
Il me semble entendre que les banques, les grandes surfaces, n'ont jamais fait autant de bénéfices.
Ces sociétés ont les moyens de faire du lobying a haut niveau, ce que ne peuvent pas les PME. Elles sont donc très aventagées.

D'un autre coté, le système socialiste a faire croire que l'on pouvait gagner autant en travaillant moins. Et quand on parlé des retraites, là on s'est apperçu qu'il fallait travailler plus pour aller à la retraite.
C'est tellement logique.

Je suis dirigeant d'entreprise ds le domaine IT depuis 15 ans. Je reviens d'un séjour à casa au maroc et j'ai trouvé des conditions de travailles intéressante.

Les informatitiens sont bien payé (40 % de moins qu'en France) mais l'environnement n'est pas le même.
Il y a certe de la pauvreté mais les gens sont souriant, il y a de l'énergie, des projets.
Quand je reviens à Paris je trouve le monde figé comme poussiereux.

PS : tu verras sur mon adresse email que j'ai des origines russes ;)

Rédigé par : laurent | 31 août 2004 06:14:29

Certes, l'argent va dans la poche des sociétés mais ensuite où ? Est-ce qu'il sert à investir ? Dans quoi ? Où est-il nécesssaire pour permettre de garder les actionnaires qui veulent un rendement minimum (sans lequel ils vont placer leur argent ailleurs) ?
En ce qui concerne ton séjour au Maroc, c'est la même chose en Russie. Les gens gagnent moins qu'en France mais semblent plus heureux (et il n y a pas là bas grâce ;-) aux restes du système socialiste la même pauvreté que dans les pays du Maghreb ou en Inde). Il est étrange que les gens qui débattent habituellement de ce genre de chose ne parlent jamais de ces aspects concrets et continuent de croire qu'on peut garder dans les pays occidentaux le même niveau de vie en travaillant moins (en temps et en qualité) dans les domaines où bien souvent les pays dits du tiers monde sont plus performants ..

Rédigé par : tubbydev | 1 sep 2004 10:53:35

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